Agenouillée, recroquevillée,
J’entends le sang goûter
De la lame meurtrière.
Je la serre dans son entièreté.
Je laisse le liquide m’imprégner,
Serrant celle m’ayant séparé de mon frère.
Comme une âme esseulée
Je suis, l’envie de pleurer chassée
Par celle de crier.
Ma main s’envole pour se déposer
Sur une joue de sang maculée.
Il se meure.
Le visage tuméfié
Ne cache pas pour autant sa beauté,
Et revoilà que je pleure…
La séparation avec un être aimé
Réveille le besoin maladif de tuer.
Moi, toujours je l’aimais, pour lui je vivais.
Ni les remords, ni les regrets,
Le referont respirer.
Et mes larmes continuent de s’exprimer.
Mes mains aux siennes s’agrippaient,
Ma voix à force d’hurler se déchirait,
Mon corps tressautait.
Toi, mon frère, mon aimé,
Le seul sur Terre en qui je croyais,
Un seul coup de lame a figé.
Ma voix est fatiguée,
Mes yeux sont irrités,
Mais en mon cœur, rien n’a cessé.
La tempête y fait rage
Les vagues provoquent des ravages
Dans l’eau, rêves et espoirs nagent.
En un long et rauque gémissement,
À ses côtés je m’étends,
Dans mes bras je l’enserre et attends.
Nul besoin d’attendre qu’une heure passe,
En ma tête des souvenirs je ressasse,
En mon cœur plus rien ne se casse.
Et c’est sans peur que je la brandis,
La lâche sans aucun cri,
Et que je perds la vie.
